Accueil Actu du développement durable dans l'enseignement supérieur Donnons un sens et une substance au développement durable

Donnons un sens et une substance au développement durable

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Le Réseau Français des Étudiants pour le Développement Durable publie son rapport de propositions sur l'éducation vers un développement durable dans l'enseignement supérieur. L'idée maître de ce rapport est de former une nouvelle génération d'étudiants conscients des enjeux du développement durable, en mesure de mener le changement.


floworkEn propos préliminaire, il est nécessaire de rappeler quelques éléments fondamentaux liés aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques auxquels nous avons et aurons à faire face dans les prochaines décennies. Le Groupe International d'Experts sur le Climat (GIEC) l'a prouvé et démontré dans son quatrième rapport annuel de 2007, la Terre se réchauffe et ce réchauffement a pour origine majoritaire, principale et écrasante l'activité anthropique. Déplacements, alimentation, bâti/énergie cumulent à eux trois presque 75% des émissions de gaz à effet de serre. Nos comportements individuels, nos choix quotidiens ont une influence directe sur l'état écologique actuel et futur de la Planète.

Le processus de réchauffement global est sans retour, même en réduisant de 100% les émissions anthropiques, la température moyenne à la surface du globe s'élèverait d'au moins 1,8° Celsius. Limiter l'ampleur du réchauffement climatique doit donc devenir notre combat à tous, il est de notre devoir de laisser à nos enfants un environnement dans un état équivalent voire meilleur que celui que nous ont légué nos parents. Ce ne sont que de simples principes d'équité et de solidarités transgénérationnelles, mais, actuellement, ils semblent pourtant disparaître des esprits.

Les conséquences des changements climatiques seront économiques, avec un coût cinq fois plus élevé que la « crise financière » actuelle1. Mais également humaine et sociale, avec un nombre important de réfugiés climatiques2 poussés à l'exode entre autre à cause de la hausse du niveau de l'eau et de la désertification. Ou encore, l'arrivée dans nos aires de vie de maladies que l'on ne connaissait jusqu'à présent pas ; c'est notamment le cas de la présence récente du moustique tigre vecteur de la dengue dans la région de Nice.


Le supérieur, vecteur de changement

Ces conséquences apocalyptiques dans ces différents domaines peuvent développer un sentiment anxiogène et paralysant du fait du catastrophisme ambiant. Le « on va tous mourir » domine le « on va trouver des solutions ». Et c'est bien sur ce second point qu'il faut insister : la recherche et la mise en place de solutions pour s'adapter aux changements climatiques et en limiter l'ampleur. Il nous appartient donc, à nous, membres de l'enseignement supérieur, étudiants, enseignants, chercheurs de trouver, et de mettre en œuvre ces solutions. Tous ensemble, universités et grandes écoles, nous devons devenir les acteurs du changement. Conjointement, rapidement et efficacement.

Dans le dessein de mettre en œuvre ce changement, l'enseignement supérieur apparaît comme le vecteur le plus rapide et le plus efficace pour transformer la prise de conscience sociétale en actions des citoyens. Le développement durable n'est à l'heure actuelle qu'un concept mou et sans effectivité, probablement comparable à une coquille vide... Il faut donc donner un sens et un fond au concept. Selon nous, la plus importante et majeure entrave à cette mise en action coordonnée et cette effectivité du changement réside dans l'absence ou la méconnaissance des solutions de protection de l'environnement et de progrès social.

Le rapport de propositions sur l'éducation au développement durable dans l'enseignement supérieur part de ce constat. Puis afin d'offrir des solutions à cette problématique, nous avançons quatre propositions pour transformer la prise de conscience étudiante en actes et en changement réel et durable.


Former les étudiants à ces nouveaux enjeux

Pour former les étudiants aux questions liées au développement durable, nous ne souhaitons pas leur donner des cours de « développement durable », nous pensons que l'éducation au développement durable n'existe pas, mais qu'il doit être intégré à l'ensemble des matières. Peut-on encore apprendre l'économie sans aborder la gestion durable des ressources, le droit en omettant le droit de l'environnement, l'ingénierie en y soustrayant le bio-conception ? Les exemples sont multiples et tous démontrent que la prise de conscience des enjeux environnementaux, sociaux et économiques est partie intégrante de l'ensemble des matières de l'enseignement supérieur. L'enseignement du développement durable doit être transversal et interdisciplinaire. Ce défi de la substantification et de la réification du développement durable ne pourra formellement se remporter qu'avec le concours des enseignants chargés de transmettre cette vision nouvelle de la société.

De plus, toujours dans l'objectif d'apporter cohérence et substance à la notion de durabilité, il nous semble primordial que les campus français deviennent les « tubes à essai », les lieux d'expérimentations, les laboratoires des innovations et des solutions trouvées. De vrais programmes d'économie d'énergie doivent être mis en œuvre afin de financer les autres programmes plus coûteux de recherches, d'innovation et d'application. Nos campus sont de vraies passoires énergétiques, rationalisons-les, ce seront de véritables économies financières et une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre.

Conscients du fait que ce programme prendra du temps à se mettre en place, deux autres propositions existent pour accélérer et pallier au déficit de connaissances étudiantes. Dans un premier temps, nous défendons l'idée de la création d'un socle obligatoire de connaissances dans le domaine du développement durable (par le biais d'un court séminaire d'une journée). Et dans un second temps, la valorisation et l'encouragement de l'engagement étudiant pour le développement durable, que ce soit par le gain de crédits ECTS que par la mise en place d'un concours national (de projets théoriques et pratiques) que le REFEDD organise actuellement pour l'année 2009.

Ces quatre propositions que vous pouvez retrouver expliquées dans notre rapport (en ligne sur notre site) ont pour vocation de permettre aux étudiants d'agir et de rendre efficient le changement que notre société exige pour répondre aux impératifs du développement durable.

De la même manière que l'enseignement du développement durable doit être transversal, il doit aussi et surtout être un vecteur de dépassement des différences, que ce soit entre les étudiants, les enseignants et les chercheurs mais surtout en grandes écoles et universités.

Unissons-nous et devenons tous ensemble les managers du changement.


F.B

 
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