Accueil Actualité du réseau Les campus verts en plein essor aux Etats-Unis

Les campus verts en plein essor aux Etats-Unis

Envoyer Imprimer PDF
AddThis Social Bookmark Button

Avec près de 5700 universités à travers le pays, et l'un des taux d'inscription les plus importants au monde, les étudiants américains ont l'embarras du choix. Si la réputation de l'établissement et l'accès aux bourses d'études sont déterminants, le critère de l'écologie a pris une importance considérable dans leur décision.

Selon une enquête récente de la Princeton Review, 69% des postulants à l'université prennent en compte l'attachement de l'établissement au développement durable. Une préoccupation en progression constante depuis une dizaine d'année. "La dimension écologique fait désormais partie du prestige d'une université", confirme Avital Binshtock, la rédactrice en chef du Sierra Magazine, édité par l'ONG environnementale américaine Sierra Club, qui établit chaque année une liste des universités "vertes".
Notons que ce paramètre est plus significatif pour les étudiants que pour leurs parents : ces derniers ne sont qu'une faible moitié à estimer que l'environnement est une donnée importante, et accordent bien plus de poids à la réputation ainsi qu'au coût de l'établissement. Il faut compter en moyenne 75 000 dollars (56 000 euros) pour les quatre années d'études requises pour l'obtention d'un diplôme.

La conséquence de cet engouement pour le développement durable parmi les étudiants, c'est une véritable course à l'écologie sur les campus américains. "De plus en plus d'universités s'attachent à la notion d'environnement tout simplement parce que les étudiants sont demandeurs", résume Robert Franek, auteur de l'enquête de la Princeton Review, qui établit une liste de plusieurs centaines d'universités à travers le pays selon leurs résultats en matière de développement durable. Une profusion dont certains suspectent une tendance au "greenwashing", à des fins marketing.

L'étendard de toutes les universités "vertes", c'est la certification LEED. Le "Leadership in Energy and Environmental Design" s'applique aux bâtiments construits en respectant la réduction des déchets et des ressources utilisées, l'efficacité énergétique, l'utilisation de matériaux de provenance locale et la réutilisation de leur surplus. Autre label rempli par de plus en plus de campus américains : la certification Energy Star, appliquée à l'électro-ménager. Les sources d'énergie sont également une préoccupation majeure des campus verts. A l'université de Washington, on a fait le choix de l'énergie hydraulique ; dans le Vermont, du biogaz et à San Diego, de la cogénération, une capture de la chaleur mécanique générée par la production d'énergie dans une centrale. "Le critère des sources primaires d'énergie est essentiel, car une université ne peut pas être considérée comme verte si son électricité provient du charbon ou du pétrole", ajoute Avital Binshtock.

Laboratoires des villes durables

Des parkings spéciaux réservés aux covoitureurs, aux services gratuits de réparation de vélos et aux jardins potagers bio en passant par le recyclage et le compostage des détritus, certaines universités américaines se sont transformées en véritables laboratoires des villes durables du futur. Mais pour le directeur du programme d'études environnementales de l'université Lewis & Clark, il y a beaucoup de poudre aux yeux : "Le développement durable va au-delà de l'installation de quelques panneaux solaires", s'insurge Jim Proctor, "il faut aussi prendre en compte l'aspect éducatif."Ce petit campus situé à Portland bénéficie de la réputation de la ville la plus durable des Etats-Unis. Depuis les années 90, le "Lewis & Clark Sustainability Council" - un regroupement d'étudiants, de professeurs et d'administrateurs - évalue la mise en place de mesures écologiques au sein de l'établissement. "Aux Etats-Unis, pour la plupart des gens l'expression de 'développement durable' signifie 'vert' mais ne prend pas en compte l'aspect 'durable'", souligne Jim Proctor, "à Lewis & Clark, nous incitons nos étudiants à réfléchir à ce que cela signifie que d'être écolo sur le long terme."

En mars 2011, le Conseil en Développement Durable de l'université a mis au point une feuille de route afin d'approfondir leurs efforts en la matière au cours des prochaines années. Ce rapport s'articule autour de plusieurs aspects-clefs de l'établissement dont les infrastructures (par la création d'un site http://portfolio.deckmonitoring.com/lewis_and_clark affichant en temps réel la consommation d'énergie de chaque bâtiment du campus) ; la hiérarchie et prise de décision dans l'université ; la vie étudiante, ou encore de l'enseignement.

Le conseil recommande par exemple l'ouverture d'une plateforme de communication pour étudiants souhaitant "échanger des produits (livres, meubles, etc) et des servicesafin de réduire la consommation superficielle." Le but étant "d'encourager la prise d'initiative étudiante." En matière de gouvernance, les "décisionnaires à Lewis & Clark intègrent le développement durable comme une valeur intrinsèque de la communauté universitaire (…) et favorisent la transparence dans leurs choix."La petite université orégonienne a-t-elle lancé la tendance ou l'a-t-elle approfondie? Toujours est-il que le classement de référence, The College Sustainability Report qui compare quelque 300 établissements selon des critères environnementaux, intègre depuis récemment la composante "engagement étudiant". Pas de doute, le développement durable est en bonne voie sur les campus américains. (covoiturage, outils, compétences)

Cécile Grégoriades à New York
© 2011 Novethic - Tous droits réservés
 
REFEDD
Suivez notre actualité en utilisant notre flux RSS